Titre : Silencieux Tumultes

Auteur : Edmée De Xhavée

Editeur : Editions Chloé des Lys

ISBN : 978-2-39018-015-9

Prix : 23,60€

14,5 x 21 cm

Tranche : 1,2 cm

Poids : 260 grammes

Nombre de pages : 199

 

 

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BIOGRAPHIE

D’ici et d’ailleurs, d’ailleurs et d’ici. Belge née d’un papa Belgo-Uruguayen et d’une maman qui ne rêvait que de lointains ailleurs, nourrie de l’idée que le monde était vaste et sans limites, elle a bougé. Des années cigale en Provence, des années de dolce vita dans le Piémont, et des années d’American Way au New Mexico et New Jersey. Et de longues parenthèses bruxelloises.

C’est à Liège qu’elle a posé – dirait-on – ses bagages pour voir défiler la Meuse et écrire…

Avant ce dernier roman elle a publié 4 romans et trois recueils de nouvelles aux éditions Chloé des Lys, ainsi que deux témoignages de vie aux éditions Irezumi.

 

Résumé

Une maison… un refuge, un nid, un lieu de bonheur et bonheur. Un jeune couple l’achète, la décore, la meuble, y commence sa vie, sa lignée… la laisse à la génération suivante, qui la transmet, elle aussi, à celle qui lui succède. D’une génération à l’autre, d’une transformation et redécoration à l’autre, la maison accompagne ses habitants et surtout… garde leurs secrets, leurs hontes et douleurs. Comme toute bonne maison doit le faire…

 

 

Extrait :    Elle a mal au dos. En permanence, depuis plusieurs années maintenant. « Toi qui étais toujours gaie comme un pinson, rien ne t’arrêtait jadis… » s’inquiète Léonie, sa mère. Mère. Mais Mère, en revanche, est depuis toujours la légendaire, l’infatigable Léonie. « Léonie la tempête », « Léonie-à-toute-allure »… Père s’en amuse, plutôt flatté, et la regarde avec une telle amitié bienveillante dans les yeux que lorsqu’ils étaient encore adolescents, elle et son grand frère Louis gloussaient complices, hoquetant « ils s’aiment… ! » à voix basse, narquois et amusés.

   Ça les faisait rire, l’absurde idée d’adultes – leurs parents, Père et Mère ! - s’aimant comme dans les chansons, les romances un peu simplettes que chantaient les bonnes dans les cuisines-caves en plumant les poulets et vidant les lapins encore chauds…

   C’était presque déplacé, l’amour, mais agréable à abriter sous son toit en même temps. C’était rassurant de savoir que Père soutenait Mère en toute circonstance, et que Mère faisait de même lorsque nécessaire, imposant avec affection le respect de l’un et de l’autre. Mère avait bien parfois dû tempérer les réactions de Père devant des initiatives enfantines trop impulsives – il avait poussé un long cri indigné et peiné le jour où Maine s’était mise, silencieusement, à enlever toutes les couches d’un cigare de grand prix pour voir ce qu’il y avait dedans -, mais elle l’avait toujours fait en développant ses raisons. Sans le traiter en homme qui n’y comprend jamais rien pour ne pas changer, comme c’était de mise en revanche chez une de ses amies de classe.

   « Mais ce n’est pas ça du tout, pas du tout, Maine chérie ! » avait protesté Léonie, visiblement amusée, quand un jour elle s’était risquée à la questionner.

   Étiez-vous amoureuse de Père quand vous vous êtes mariée, Mère ?  

   Léonie avait repoussé cette image sentimentale avec fermeté. Non, être amoureux ne conduisait qu’à ne plus l’être un jour, comme en témoignaient justement les nombreuses tristes complaintes larmoyantes s’échappant des cuisines avec la fumée des bouillons ou rôtis. Elle et Père avaient écouté les arguments du goût et de la raison conjugués. Elle aimait le profil et la démarche de Père, sa manière de rire avec à la fois gentillesse et amusement complice, et avait pu, au cours de leurs rencontres strictement encadrées lors de leurs fiançailles, apprécier ses valeurs morales et sa loyauté familiale.

   Quant à lui, avait-elle expliqué, il lui avait dit bien plus tard que sa joie de vivre et ses yeux malicieux avaient eu la part belle.