Interview

Adam Gray

Auteur de "Merci Dorothée!"

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01. Merci Dorothée ! est ta seconde publication. Pourquoi ce livre ?

 

Mais par amour ; Dorothée est une seconde maman pour des millions de gens de ma génération. Et puisque des actes valant mieux que des paroles, j’ai voulu que cet amour perdure grâce à ce livre sans prétention, familial, car Dorothée, c’est la famille. Je tiens à remercier Chloé des Lys d’avoir soutenu cet hommage.

 

02. Ton 1er livre était déjà un recueil de paroles de chansons. Des retours ?

 

Une petite précision, avant tout : inconnu, avec peu de moyens, si je peux offrir …Euphoriques & Désespérées à un artiste, c’est à un artiste dont je suis fan, bien sûr. Ce serait trop facile, si la chose était matériellement possible, de solliciter le plus grand nombre dans l’espoir « que… » À ce jour, un retour de Desireless, qui m’a écrit l’avoir beaucoup aimé. Ça m’a beaucoup touché. J’ai aussi eu le plaisir de le remettre en mains propres à Douchka Esposito… Après, il y a la question : est-ce que les livres arrivent à destination ? Je l’ai envoyé à Mylène Farmer (je suis fan de la première heure ; je rêvais qu’elle l’ait, tout simplement), à David Hallyday et, très récemment, à Emmanuel Moire. Quelqu’un, via facebook, chez Jean-Claude Camus Productions, m’a promis de le lui remettre. Je rêve d’écrire pour lui, très sincèrement. J’aime sa sensibilité. Peut-être pas pour son prochain album, car il est déjà dessus, mais pour son quatrième, qui sait ? Emmanuel, si d’aventure, par je ne sais quel miracle, tu lisais ces mots…

 

03. Tu as enregistré Promis à l’exil, en 1999, qui n’a jamais été distribué mais dont on retrouve les paroles dans …Euphoriques & Désespérées. Cet échec, comment l’as-tu vécu ?

 

Je n’ai plus été capable d’écrire un mot jusqu’en 2004. Et puis, j’avais mis toutes mes économies, dans ce titre, et j’ai dû tout arrêter : les cours de chant, le travail en studio… J’ai alors pris le temps de lire, et relire, pour certains, tous les livres d’Anne Rice. Le besoin d’écrire des romans, des nouvelles, a doucement germé…

 

04. Cours de chant, travail en studio… Avec les moyens, tu aurais persévéré ?

 

Pour citer Gainsbourg : « Ne remue pas, s’il te plaît, le couteau dans le play. »

 

05. Que sera l’après Merci Dorothée ! ?

 

Un recueil de 13 nouvelles : Contes épouvantables & Fables fantastiques. Je finis aussi un long roman : Ainsi, je devins un vampire, et deux autres sont en cours : Meurtres surnaturels, achevé mais à développer, et Anges sous les foudres.

 

06. N’as-tu pas peur de surprendre tes lecteurs en changeant de style ?

 

Merci Dorothée ! est ma parenthèse enchantée, un hommage que je devais rendre. Mais mon style, si style est le mot, car il faut refuser les « cases », est le fantastique, au sens le plus large. Les lecteurs du blog http://www.aloys.me/ ont déjà lu quelques-unes de mes histoires : 666 et point final, Terreurs nocturnes, ou le prince Clément, qui est un conte fantastique pour enfants, pour cette dernière. J’ai cru comprendre que mon style était apprécié… C’est très encourageant !

 

07. De quels auteurs te sens-tu le plus proche ?

 

Anne Rice a bouleversé ma vie… J’aime Edgar Allan Poe. Mais aussi Edgar Rice Burroughs. Je suis en train de relire son Cycle de Mars, dont le premier chapitre a été porté à l’écran, et avec maestria, par Andrew Stanton en 2012. En toute humilité, je me suis un brin retrouvé dans la façon d’écrire de Burroughs… J’aurais adoré le rencontrer. Il m’aurait beaucoup appris ! C’est un précurseur, un maître. Qu’ils le reconnaissent ou non, moult romanciers et cinéastes ne seraient rien du tout sans les aventures de John Carter sur Mars d’Edgar Rice Burroughs. Burroughs, Poe, Anne Rice… ce sont des maîtres !

 

08. Mets-toi dans la peau d’un auteur à succès ; que ferais-tu ?

 

Déjà, ces choses qui paraîtraient évidentes mais que je ne puis faire, car pas de voiture, par d’argent… Pouvoir bouger un peu et rencontrer mes lecteurs en dédicaces. Un sourire, quelques mots échangés, une photo… Si mes livres se vendaient plus que bien, je crois que je serais déjà heureux de ne plus avoir à calculer, au quotidien, car je demeure au-dessous du seuil de pauvreté. Sans apitoiement aucun, attention ! Je redécouvrirais les petits plaisirs de la vie…

 

09. Mais si ledit succès n’arrivait jamais ?

 

Je ne peux pas répondre à cela. Mais je peux emprunter ses mots à Jim Morrison : « Pour désirer être connu, il faut avoir souffert d’un terrible manque. » Voilà…

 

 

10. Pour finir, définis-toi à travers un titre de roman, de film, de chanson…

 

J’ai de la tendresse pour Le Petit Cheval de George Brassens, d’ailleurs reprise par Dorothée, d’après un poème de Paul Fort. J’espère simplement voir le beau temps avant de mourir ! Merci infiniment…