Carine-Laure Desguin a lu "Onirique" de Laurent Dumortier
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Déjà, la couverture interpelle, une photo représentant des briquaillons superposés derrière des feuillages d’un vert intense. Une opposition flagrante entre l’ombre et la lumière, entre la vie et la mort.
L’auteur de ce recueil de 22 poèmes, on ne le présente plus. Laurent Dumortier a publié des romans, des nouvelles et de la poésie, mais il est aussi le boss des Éditions Chloé des Lys.
Onirique, un recueil de 22 poèmes. Des vers libres, parfois quelques rimes. Se glissent dans certains textes des mots d’une langue imaginaire. Pour qui ne connaît pas le latin, on pourrait penser que … mais non, ces quelques phrases sont issues d’une langue inconnue. On repèrera également par-ci par-là, des « néologismes ».
Dès la lecture des premiers textes, on se rend compte que l’on rentre dans un monde insolite quoique les textes constituent une unité, une histoire. Et en effet, dans ce recueil il est question d’Equaam, la cité des âmes, qui est au cœur des « Chroniques de Baltus », une trilogie d’héroïc fantasy signée bien sûr par Laurent Dumortier.
Ces textes, hermétiques en apparence, font entrer le lecteur dans un univers particulier. L’auteur nous entraîne dans un autre monde, un monde de « l’entre-deux » ?
« Quitter la cité des âmes
Rejoindre les illogismes
Et prendre la place de mon reflet… »
« Le souffle-vie se perd
Dans les méandres de la lumière noire
Où peu à peu je m’égare … »
« … Vers un rêve d’asile
Qui se substitue peu à peu
A l’ancrage quantique
De la réalité … »
Un monde où l’alchimie a toute sa place :
« Des parcelles de temps imaginaire
Sont à l’état résiduel en chacun d’entre nous
Et notre imagination crée le monde … »
Tout un univers qui peut-être sommeille en nous depuis toujours et que nous atteindrons. Ou pas.
Mais dans l’attente de ce lointain voyage, il nous reste l’option lumineuse de tourner les pages de ce recueil mystérieux autant que magique, Onirique.
Carine-Laure Desguin
