Carine-laure Desguin a lu "La chair des nuits" de Louis Mathoux
La 4ème de couverture annonce les thèmes abordés dans ce recueil de 49 poésies en vers libres : ténèbres, souffrance, désir charnel. Et en effet, ces thèmes sensibles s’enlacent et s’entrelacent ici dans une danse charnelle qui s’extériorise jusqu’à l’oméga des corps.
L’auteur de Croire au feu (L’arbre à paroles, 2002) et de nombreux autres ouvrages (poétiques ou pas) nous partage sa longue et inéluctable quête, sa recherche tourmentée vers un amour fièvreux, absolu, impermanent.
Par des chapelets de métaphores, Mathoux relie le lecteur à un chemin de croix déliquescent sur lequel chaque mot cisèle une souffrance. C’est un corps à corps douloureux, une vaine bataille aboutissant sur un plongeoir au bout duquel des chairs se consument et s’annihilent. Le poète est seul face à cette armée de ténèbres, il combat, se dénude, se déchire l’âme. Parmi les métaphores, je retiendrai celle-ci, page 42 :
Il n’y a plus de lendemain
à l’arbre des jours
mais le ciel est encore lourd
d’impatiences à pourvoir …
Sans cesse, l’auteur questionne :
Page 8 : Sentes et chemins du monde ….
… Mais qu’irriguez-vous en vos sinuosités boueuses
sinon la chair innombrable du néant ?
Page 10 : L’impatience est-elle autre chose
que le cercueil de l’éternité ?
Page 11 : Notre chair ne sera-t-elle bientôt plus souveraine
que sur les rives de nos gestes ?
Page 32 : Où trouverai-je un désert
qui me soit oasis ?
Dans une langue féconde, Mathoux entraîne le lecteur vers la recherche (stérile ?) de la femme éternelle. Mais il émerge néanmoins de cette désespérance une musicalité lumineuse qui transperce le lecteur :
Page 13 :
Rien n’est possible à l’humain
si ce n’est l’impossible
Page 50 :
Des lèvres toujours des lèvres
J’ai soif de bleu
On devrait pouvoir s’embrasser
avec les yeux
Carine-Laure Desguin
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