Auteur : Bob

Titre : Contes Bizarres III

Editeur : Editions Chloé des Lys

ISBN : 978-2-39018-152-1

Prix : 12 euros

Format A5

171g

117 pages

  

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Bio

 

Bob Boutique… Un nom comme ça, ça ne s’invente pas, c’est déjà tout un programme ! Si on ajoute à ça un esprit un peu border line, une propension à ne rien prendre au sérieux (surtout pas lui-même) et un cœur gros comme ça…

 

 Et puis il y a les histoires en elles-mêmes…

 

 

Résumé :

 

Quand on pense qu'il va y avoir un mort, il n'y en a pas; quand on espère une fin heureuse, elle est tragique; quand on s'imagine que ... ben non, c'est pas ça du tout ! Bref, au bout du "conte", on arrête d'essayer de penser à la place de l'auteur (complètement déjanté de toute façon) et on se laisse emporter par l'histoire, on partage la terreur des héros et on subit la fin, en souriant largement parce que "tiens, j'avais pas pensé à ça" ou bien "ah merde, quelle fin !".

 

Le monde des humains est un asile de fous, qui n'est lucide que quelques jours par an. Pendant la période du Carnaval.

 

Extrait

M’man

Il était une fois un petit bonhomme, genre Mister Bean en plus posé, qui se tenait immobile devant le porche entrouvert d’un immeuble de pierres grises qu’on pourrait croire à l’abandon. Tout y est froid, délabré, poussiéreux, avec de hautes fenêtres opaques de saleté, derrière lesquelles pendent des rideaux déchirés.

Seul élément complètement désassorti, une plaque en cuivre, brillante, insolente presque, qui annonce sur le côté droit de l’entrée : ‘Docteur Cécile Griets – psychiatre analyste ’. Puis, scotchée au- dessus, une feuille A5 recouverte d’un film plastique sur laquelle on a écrit au feutre noir : ‘ 1° étage à droite – sonnez fort !’

Le minus a l’air calme et détaché, les bras croisés dans le dos d’un imper défraîchi à la Columbo. Mais si on observe bien, on voit ses doigts s’ouvrir et se fermer nerveusement tandis qu’il balance légèrement d’un pied sur l’autre. On le sent indécis et dans le même temps terriblement tendu.

Il se décide enfin, pose un doigt sur le bouton de la sonnette et pousse longuement dans un bruit de carillon suranné.

   —   C’est ouvert… grésille une voix dans le parlophone. Poussez fort. Attention, la lampe du corridor ne fonctionne plus… Je laisse ouvert.

L’escalier de chêne, monumental, gémit à chaque marche. Il fait tellement sombre qu’il se tient à la rampe pour grimper et accède enfin au palier vaguement éclairé par un rai de lumière qui tombe comme un spot de théâtre d’une haute porte béante.

 

Le cabinet est plongé dans la pénombre et il doit plisser les yeux pour reconnaître, derrière l’éclairage ovale d’un abat-jour, la silhouette de la doctoresse dont les verres de lunettes brillent curieusement dans le noir.