La nuit et les spoutniks reviennent toujours, Christophe Guyon, L’Harmattan, 2010

 

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La nuit et les spoutniks reviennent toujours. Le titre, déjà ! Et puis l’illustration de couverture, une peinture acrylique sur toile signée Paula Bock, une peinture abstraite. Le nouveau bing bang ?

On peut le penser en lisant ces quatre-vingt cinq pages d’une prose poétique qui interpelle. Qui gueule, aussi. Qui crie, qui hurle, qui révolutionne les sangs. Et nous y voilà. Quelle prouesse de prendre les mots en otage, de les mettre au service de ses idées sans jamais lasser le lecteur, tout en gravant ces mots enflammés sur l’étendard de la liberté.

Ce livre, resté trop confidentiel, est sans aucun doute le livre qui contient toutes les revendications de ces Gilets Jaunes qui secouent la France depuis plusieurs mois déjà. C’est le livre de la Révolution et de l’Anticapitalisme. L’auteur, un authentique puriste de la Vie et très conscient des absurdités du monde dans lequel nous survivons, se vide les tripes et nous jette en quelques dizaines de pages pleines d’amour cependant pour Gaïa et ses habitants, des vérités que nous connaissons tous mais que nous occultons, par lâcheté.

Des textes odes à l’Amour et à l’Eau, et des haïkus qui jaillissent comme une surprise, s’intercalent entre ces turbulences prophétiques, pareils à des inspirations après une plongée en apnée dans des mers agitées.

Page 26, La femme du café, un texte qui m’a bouleversée :

…Elle a portant fixé mon destin par un sourire

Et, de sa voix nue, réclamé l’addition…

 

Lecteurs tièdes et mous, abstenez-vous et surtout restez bien calés au fond de votre lit. Mais tous les autres, les sanguins et les romantiques, levez ce livre comme un étendard et ouvrez-le à la page 10 :

 

Tourner ensemble, vernir le ciel d’un rire,

marier tous les exprès hors la loi,

terroriser l’autorité des églises,

précipiter les drapeaux à terre,

courir le vent actuel et décoller !

 

Tout est dit !

 

Carine-Laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com