Auteur : Séverine BAAZIZ

Titre : Mamie Paulette

Editeur : Editions Chloé des Lys

ISBN : 978-2-39018-032-6

Prix : 15€

Poids du livre :                        115 grammes

Dimensions :               20,5 cm * 14,8 cm

Nombre de pages :     227 pages

 

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Biographie :

 

Séverine Baazizest née à Amnéville, en Lorraine, en 1978.

Les pieds sur terre et la tête dans les nuages lui permettent de vivre plusieurs vies : épouse, mère, informaticienne… sans oublier auteure à ses précieuses heures volées au temps.

Mamie Paulette est son second roman.

MAMIE PAULETTE - Résumé :

 

Un toit. Trois générations. Et l’irrésistible envie de s’étriper…

 

Jules, quinze ans, a toutes les raisons de déprimer. Sa mère n’a d’yeux que pour les roses, les chats et la chasse à la poussière ; son père est tremblotant de tics ; ses camarades de classe adeptes du langage des poings. Et pour couronner le tout, sa grand-mère, aussi aimable qu’une lame de guillotine, emménage sous son toit…

Sauf que la petite dame aux pas ankylosés d’arthrose va donner du sens à sa vie.

 

Une comédie drôle, moderne et bouleversante, ode à la vie et au courage.

 

 

 

ISBN :

 

978-2-39018-032-6

 

 

Extrait :

 

Ding dong… Ding dong…

Jules et Paulette, sur le palier de l’étage, se regardent mollement.

Ding dong… Ding dong…

—   J’y vais, se lance Paulette.

Deux tours de clef et la porte s’ouvre.

        —   Le ballon de mes filles est dans votre jardin, vous pourriez nous le renvoyer ?

        —   Oui… Je vais demander à mon petit-fils de s’en charger.

De près, le voisin aux épaules de colosse fait encore plus figure de nerveux. Il a la pomme d’Adam saillante, des cernes de mafieux et des petits reniflements intempestifs. Paulette le regarde se retourner et prendre le chemin de la porte d’à côté. Quelques pas stoppés par une doléance :

        —   Excusez-moi Monsieur, je voulais vous demander s’il était possible que vos filles fassent un peu moins de bruit. Le calme pour lire, c’est tout de même plus facile.

Le visage se retourne et droit dans les yeux :

—   C’est un quartier familial, ici, madame. Si vous supportez pas les gosses, faut penser à la maison de repos. Je suis chez moi et mes filles, elles font le bruit qu’elles veulent.

« Vieille bique ! », finit-il par penser à voix haute.

La porte se ferme.

—   Chlui rends le ballon, ou pas ? demande Jules.

—   Non.

—   T’es sûre ?

—   Oui. Tu l’as entendu comme moi. La vieille bique ne rendra pas le ballon. J’ai été courtoise et lui odieux. Qu’il le récupère tout seul, son ballon. S’il peut s’égratigner un peu au passage, ça ne sera pas pour me déplaire.

—   T’as raison.

        Les deux têtes rebelles s’en vont à l’étage, et curieuses de la tournure des choses, se plantent juste derrière le rideau de la chambre de Paulette. Ni vus ni connus.

 

Deux cent cinquante-trois secondes plus tard, on sonne à la porte.

Ding dong... Ding dong…

Jules et Paulette chuchotent mais ne bougent pas. Pas d’un  iota. Furieux, le voisin s’en retourne chez lui, rejoint le jardin, au pas de course, enjambe le grillage et gesticulant à outrance, se tort la cheville, vocifère, perd de peu l’équilibre pour, finalement, se rattraper à une longue tige piquante à souhait. La main en sang, il empoigne le ballon. Il gigote, se démêle, bat du corps, tel un poisson hors de l’eau, mais une mèche métallique le tient prisonnier par une maille de pantalon. Les nerfs bouillonnent. Il jette un regard vers les fenêtres des Chédart et insulte à tout va.

« Connards de vieux ! Vieille peau ! AIE ! FAIS CHIER ! »

Jules et Paulette se gondolent de rire, à ne plus pouvoir reprendre leur souffle.

Tous les deux s’assoient un instant sur le rebord du lit.

—   Si les parents apprennent ça, on va prendre cher, mamie.

—   Ces deux poules mouillées ! Tu parles ! Si ton père avait été là, il n’aurait même pas pris ma défense.

        Jules n’a aucun doute là-dessus.

        —   Tu sais comment je les appelais, tes parents, avec Pierrot ?

—   Chais pas.

—   Tic et Toc.

Jules sourit. Puis beaucoup moins. Il baisse les yeux, avant de les relever et de demander à sa grand-mère :

—   Et moi, tu m’appelais comment ?