LE TOUR DU MONDE EN BATEAU IVRE

Exposition internationale de Livres d’Artistes

organisée sous le commissariat de l’Association LAAC,

Livres d’Artistes & Art contemporain

et, en particulier, d’Anne Arc et de Serge Chamchinov (FR)

 

13 mai – 27 août 2017

 

Un nouvel événement à la Maison Losseau,

sur les traces d’Arthur Rimbaud

 

 

©ClaireIllouz

 

 

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,

L'eau verte pénétra ma coque de sapin

Et des taches de vins bleus et des vomissures

Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

 

 

Le projet du Tour du monde en bateau ivre est né en 2012. A l’occasion de la Biennale internationale de la Poésie à Liège, en effet, l’Association LAAC (Livre d’Artiste & Art contemporain) de Granville (FR) a voulu répondre à l’injonction de Rimbaud « Il faut être absolument moderne » et a fait appel à des poètes de langues, de cultures et de pays différents pour traduire Le Bateau ivre. Les commissaires de l’exposition, Anne Arc et Serge Chamchinov, souhaitaient aussi transmettre par d’autres voies, plus « plastiques », le célèbre poème, quitte à plonger à cœur perdu dans « les clapotements furieux des marées ».

 

Des poètes du monde entier ayant répondu massivement à cet appel, Le Bateau ivre a été traduit en vingt-huit langues et dialectes (afrikaans, allemand, anglo-américain, catalan, coréen, espagnol, finnois, frison, grec, hébreu, italien, japonais, letton, néerlandais, ouzbek, persan, picard, polonais, portugais, roumain, russe, scots, swahili, wallon, zaoum…), ces traductions devenant ensuite des supports pour la création de livres d’Artistes.

 

  • Trente poètes traducteurs contemporains ont ainsi construit et soutenu ce projet : Anne Arc, Samira Bashiri, Jean-Marc Baude, Maya Begerano, Joseph Bodson, Alice-Catherine Carls, Felip Costaglioli, Ricardo Domeneck, Rose-Marie François, Maciek Froński, John Glenday, Helmut Hannig, Doina Ioanid, Hamid Ismailov, Bona Kim, Fédor Lvov, Nicola Muschitiello, Jan H. Mysjkin, Christopher Okemwa, Esther Orner, Ard Posthuma, Hedzer Reitsma, Masami Shimaoka, Kirsti Simonsuuri, Astra Skrābane, Pierre Somville, Jason Stavrakis, Martin Steiner, Catherine du Toit et Maïa Varsimashvili-Raphael.

 

Parallèlement, des artistes créateurs de livres, « dévorant les azurs verts » ou « teignant tout à coup les bleuités », se sont exprimés graphiquement sur le Bateau. Ils ont ainsi produit plusieurs dizaines d’estampes (xylographie, linogravure, lithographie, sérigraphie, eau-forte, aquatinte, etc.) et de tableaux (dessin, collage, peinture).

  • Vingt-cinq artistes de sept pays prêtent donc leurs œuvres à cette exposition : Anne Arc, D.I. Bokoutchava, Marie-Christine Bourven, Serge Chamchinov, Isabella Ciaffi, Claire Cuenot, Helmut Hannig, Hans Huyghebaert, Claire Illouz, Ilona Kiss, Robert Lobet, Dietrich Lusici, Marianne Montchougny, Yves Picquet, Bernadette Planchenault, Hermann Rapp, S. Sabanadzé, Caroline Saltzwedel, Marja Scholtens, Helmut Schulze, Giulio Varendi, Marc Vernier et Nicolaus Werner, ainsi que le collectif Double-Je – Léonore Fandol & Philippe Quérel (pH).

 

 

Les commissaires de l’exposition

 

Anne Arc (France)

www.artmajeur.com/annearc

 

Artiste-plasticienne, poétesse, traductrice, médiéviste, docteur ès Lettres, Anne Arc est l’auteur de nombreux livres d’artiste portant sur une seule œuvre, présentés souvent en grand format et sous forme d’installation. Ses œuvres graphiques ont été exposées et acquises par plusieurs collections publiques et privées. Elle a obtenu le prix du Palmier d’or 2011 pour son livre Mon Kandinsky, Mon Malevitch… lors de l’exposition Livres d’exception à Albi. Cofondatrice du groupe artistique avant-gardiste Sphinx Blanc, Anne Arc a soutenu le projet Rimbaud par sa contribution graphique – composition et livre d’artiste, technique du collage – ainsi que par sa traduction de la première strophe du poème Le Bateau ivre.

 

Serge Chamchinov (France)

www.artmajeur.com/chamchinov

 

Artiste peintre, concepteur, docteur ès lettres, Serge Chamchinov crée des livres d’artiste depuis 1989 ; à ce jour, son catalogue compte plus de 300 titres. Ses œuvres sont connues dans les plus grandes collections spécialisées en Europe, comme la Bibliotheca Wittockiana, Anna-Amalia Bibliothek, la bibliothèque Herzog-August de Wolfenbüttel, aussi que dans des bibliothèques nationales ou royales (Luxembourg, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Suisse, France…). à la bibliothèque littéraire Jacques-Doucet de Paris a été constitué le fonds de l’artiste comprenant ses ouvrages les plus marquants accompagnés de « documents génétiques » (maquettes, dessins, peintures, épreuves…). En 2012, Serge Chamchinov a initié le projet artistique sur Le Bateau ivre de Rimbaud, qui réunit maintenant une cinquantaine de participants (poètes et artistes) du monde entier.

 

 

Pourquoi Rimbaud à la Maison Losseau ?

Léon losseau, avocat, intellectuel, bibliophile, numismate, photographe… est resté relativement peu connu en dehors des limites de sa province hainuyère natale, sauf que :

 

Alors qu’il se promenait, en 1901, rue aux Choux, à Bruxelles, il découvrit un lot de cinq cents petits fascicules saisis par la poussière et gâtés par l’humidité. Il s’agissait de l’édition originale d’Une Saison en enfer, publiée en 1873 à compte d’auteur à l’Alliance typographique (Une Saison en enfer est le seul livre imprimé par la volonté d’Arthur Rimbaud). Léon Losseau prit immédiatement conscience de la valeur de sa trouvaille mais demeura prudent. Lorsqu’il se décida, quelque dix ans plus tard, à la rendre publique, elle ne manqua pas de déclencher un tremblement de terre dans le monde des Belles Lettres. Les ayants-droits de Rimbaud, à commencer par son beau-frère Paterne Berrichon, entretenaient en effet depuis longtemps la légende d’un Rimbaud incendiaire de son œuvre. Losseau s’amusa beaucoup aux dépens du microcosme littéraire, comme en témoigne la correspondance conservée dans sa maison.

 

Le livre d’artiste Le Jour en feu 2015 de Serge Chamchinov, illustre cet épisode. Plus profondément, Serge Chamchinov met en scène, grâce à sa méthode de typographie analytique, le texte de Rimbaud, en laissant découvrir son actualité perçante. Le manifeste rimbaldien « il faut être absolument moderne » prend ici un sens nouveau et semble un point de départ au projet international de création du « Tour du Monde en bateau ivre » à la Maison Losseau.

Le vernissage de l’exposition « Le Tour du Monde en Bateau ivre » est aussi l’occasion, pour l’équipe du Secteur Littérature de la Province de Hainaut et de la Maison Losseau, de présenter le court métrage de Charlotte Marchal « Saison », lui aussi librement inspiré par « l’affaire Rimbaud » et tourné dans la Maison Losseau.

 

Saison, un film de Charlotte Marchal

Producteurs : Nord / Label / Michigan films

Distribution :

Léon Losseau : Dirk Hendrickx

Voix Off : Sacha Caloussis

 

L’exposition “Le Tour du Monde en Bateau ivre”,

sous le commissariat de LAAC,

organisée par le Secteur Littérature de la Province de Hainaut (Hainaut Culture Tourisme)

et par la Fondation Losseau,

n’aurait pu voir le jour sans l’aide de

 

La Fédération du Tourisme de la Province de Hainaut.

 

  • Merci aussi à Pierre Balcaen pour son aide précieuse -

 

Maison Losseau

Siège du Secteur Littérature de la Province de Hainaut

37, rue de Nimy – B 7000 Mons

Tél. : + 32 (65) 398 880

Informations : reservations.losseau@gmail.com

Réseaux sociaux : maisonLosseau