Le roman en deux volumes de Christian Eychloma "Que le diable nous emporte..." a été réédité en un seul volume, toujours aux Editions Chloé des Lys.

 

Titre : Que le diable nous emporte…

Auteur : Christian Eychloma

Editeur : Editions Chloé des Lys

ISBN : 978-2-87459-924-8

Prix : 20€

15 x 21 cm

816 g

596 pages

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Biographie

À l’issue d’une carrière d’ingénieur dans l’industrie aéronautique, Christian Eychloma décide de se consacrer à l’écriture, et plus spécifiquement à la science-fiction dont il renouvelle le genre.

S’attachant à proposer à ses lecteurs des histoires originales porteuses de sens, il a à ce jour publié six ouvrages qui ont connu un vif succès auprès des connaisseurs comme des simples curieux .

-  « Que le Diable nous emporte »,  un roman d’anticipation en deux tomes  

-  « Ainsi soit-il », un peu la suite du premier

-  « Mon amour à Pompéi », récit d’un voyage temporel dans l’empire romain

-  « Les larmes de Titus », son tout dernier roman, une suite du précédent…

-  ajoutons enfin une réédition de « Que le Diable nous emporte » en un seul tome.

Contact :

Courriel : christian.eychloma@sfr.fr

Blog de l’auteur : http://futurs-incertains.over-blog.com/

Site de l’éditeur : http://www.editionschloedeslys.be/

 

 

Résumé :

Un « space opera » captivant doublé d’un conte philosophique.

Les deux tomes de « Que le Diable nous emporte… » enfin réunis en un seul volume ! Une incroyable épopée vécue par quelques milliers d’hommes et de femmes fuyant une Terre moribonde pour tenter de pérenniser leur espèce…

L’ultime diaspora !

 

Extrait :

Un choc, accompagné d’un bruit sourd. Puis le silence, et l’indéfinissable impression si souvent éprouvée de ne plus être tout à fait avec son corps et de ne devoir qu’aux sangles de sécurité de ne pas quitter son siège avec la légèreté d’une plume. En plus de cette soudaine et désagréable sensation nauséeuse que l’on avait appris à surmonter et qui passait assez vite.

La navette venait de se détacher du vaisseau et d’être expulsée dans l’espace, selon une direction tangente à la structure circulaire en rotation de celui-ci et sous l’effet de la simple force centrifuge. Le moteur de poussée fut brièvement actionné et le vecteur accélération orienté de façon à donner le coup de frein nécessaire pour provoquer la longue « chute » parabolique vers la surface.

Les passagers, fermement sanglés sur des sièges alignés par rangées de quatre, ne disaient mot en contemplant, à travers le filtre de leur visière teintée, l’étroite tranche planétaire dévoilée par le soleil aveuglant de Nouvelle Espérance. La position de l’astre, pratiquement en face d’eux et encore assez bas sur l’horizon, mettait en relief l’épaisseur de la couche atmosphérique apparaissant sous la forme d’un arc de cercle bleuté surlignant la rotondité de la planète.

La surface s’aplanissait insensiblement au fur et à mesure de la descente tandis que sa partie éclairée allait progressivement en s’élargissant. Le Vasco de Gama ne fut bientôt plus qu’un gros point lumineux dans le noir de l’espace, tandis que le dessin des continents sur la vaste étendue bleu sombre des océans commençait à se deviner sous le blanc scintillant des couches nuageuses. Personne n’avait encore prononcé un mot, comme si les laryngophones avaient été coupés.

Une annonce fut diffusée au bout d’un long moment depuis le poste de pilotage pour prévenir que l’on allait bientôt atteindre les couches supérieures de l’atmosphère et qu’il fallait se préparer à encaisser progressivement l’accélération due au freinage que subirait la navette. Ceci eut pour effet de faire sortir les passagers de l’espèce de torpeur où ils se trouvaient plongés depuis le départ et certains commencèrent à échanger leurs impressions.

Paul se tourna vers Florence en lui désignant un des hublots.

« Tu vois, là-bas, cette bande continentale ? Je crois qu’au-delà se trouve le théâtre de nos futurs exploits… »

Au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient du sol et qu’ils se sentaient davantage écrasés dans leur siège par la résistance de l’air devenu beaucoup plus dense, ils pouvaient de mieux en mieux observer l’étrange géographie de la planète se présentant à leurs yeux de terriens avec un indéfinissable mélange de bizarrerie et de familiarité.

Sans pouvoir reconnaître quoi que ce fût, et pour cause, dans la physionomie des terres émergées, ils pouvaient toutefois contempler sans réelle surprise les longues chaînes de montagnes bleutées aux sommets enneigés et les bandes côtières très découpées et ourlées de vert sombre.

Ils étaient passés du vol spatial en vol atmosphérique. La navette s’était progressivement stabilisée à l’horizontale en faisant lentement « pousser » ses ailes de façon à se comporter comme un aéronef utilisant la portance de l’air pour se sustenter et des statoréacteurs pour une propulsion supersonique.

Ils franchirent la bordure côtière du continent que Paul avait désigné et entamèrent une descente rapide vers la plaine qu’ils regardaient défiler au-dessous, perdant assez vite de l’altitude en laissant derrière eux le scintillement des vagues de cet océan inconnu qui venait lécher le rivage de cette terre présumée vierge.

Le vrombissement devint assourdissant lorsque l’aéronef se positionna finalement en vol stationnaire au-dessus du site dont on avait communiqué aux pilotes les coordonnées géographiques précises. L’engin descendit lentement jusqu’au sol où il s’immobilisa avant que ne soient coupés les moteurs de sustentation.

Ils y étaient enfin …

 

 

Un long silence suivit pendant lequel les passagers, immobiles dans leur siège et comme osant à peine respirer, s’efforçaient de recueillir un maximum d’informations visuelles en scrutant avec intensité leur nouvel environnement. Comme si de ces premières impressions allait dépendre la suite de l’aventure.

Pour ce qu’ils pouvaient apercevoir depuis l’intérieur de la navette, ils étaient comme prévu au milieu de ce qui ressemblait à une vaste plaine, limitée d’un côté par les lointains contreforts de la chaîne montagneuse qu’ils avaient pu observer avant l’atterrissage et s’étendant à perte de vue de l’autre côté.

« Allez, les enfants, je propose d’ôter ces encombrantes armures et de se changer avant d’aller jeter un coup d’œil sur cet Éden ! » dit Paul en dégrafant sa ceinture de sécurité et en tournant la tête à gauche et à droite comme pour recueillir l’assentiment de tout le monde, proposition qui eut pour effet de faire sortir les gens de leur quasi-léthargie. Tous se libérèrent de leurs sangles et commencèrent à se lever pesamment, puis à déverrouiller le casque de leur scaphandre.

Paul expliqua à nouveau que la navette resterait hermétiquement close jusqu’à ce que tout le monde ait ôté cette lourde protection - portée par simple précaution - et se trouve dans la tenue requise pour cette première sortie. Chacun étant déjà revêtu de sa combinaison ultra légère, la pose du casque intégral en plexiglas ultra fin qui assurerait la filtration de l’air par sa base ne prit guère de temps. La cabine fut alors dépressurisée et les larges portes latérales coulissèrent pour autoriser l’accès des humains sur ce sol étranger.

Au pied de l’étroit escalier qui venait à peine d’être déployé et dont la première marche s’enfonçait à demi dans une sorte de mousse spongieuse, de hautes tiges annelées vertes et brunes, terminées par une touffe noire et épaisse, ondulaient en rangs serrés sous une légère brise. Ces verges flexibles constituaient apparemment les colonnes vertébrales de « roseaux » épais pourvus de longues feuilles jaunâtres s’élançant à partir de leur base, dentelées comme des lames de scie et apparemment aussi tranchantes.

La première chose qu’ils éprouvèrent fut une forte sensation de chaleur, ce qui ne les surprit guère. Puis ils se rendirent compte en levant les yeux que le paysage ne changeait pas beaucoup, où que portât leur regard. On pouvait tout au plus apercevoir de loin en loin, comme autant d’oasis sur cette « prairie » monotone, quelques larges bouquets d’un vert sombre, vraisemblablement constitués de ces espèces de « séquoias » avec lesquels on avait essayé de les familiariser via le décor de la piscine.

Nul bruit en dehors du léger cliquetis des lames raides et acérées s’entrechoquant plus violemment sous les rares sautes de vent. Quelques gros nuages blancs ourlés de jaune orangé dérivaient lentement dans un ciel d’un bleu très clair tirant un peu sur le vert. En raison du filtre respiratoire, toute sensation olfactive était pour le moment absente mais il n’était pas difficile d’imaginer l’odeur d’humus que devait exhaler ce terrain marécageux.

Paul se tourna spontanément vers Florence et Kate qui se trouvaient non loin de lui et prit d’autorité chacune d’elles par la main.

« Mesdames, par ici s’il vous plaît ! Vous allez être les premiers humains à poser le pied sur Nouvelle Espérance ! » déclara-t-il à travers son laryngophone avec un large sourire tout en les guidant fermement vers le bas des marches, Florence d’un côté et Kate de l’autre.

Les deux femmes, un peu gênées, se laissèrent entraîner par Paul qui prit grand soin de rester en retrait. Elles mirent en même temps le bout du pied sur le tapis végétal, levant la tête en riant pour s’offrir aux vidéocams qui immortalisaient la scène tout en retransmettant les images en direct au Vasco de Gama.