Les 11, 12, 13 et 14 décembre 2014,

 

« Hainaut Culture Tourisme » rend hommage à l’écrivain Marcel Moreau

 

Capture d’écran 2014-12-07 à 12

 

Marcel Moreau est né à Boussu, dans le Borinage, en 1933. Entré très tôt, par un coup du sort, dans la vie active, il doit à ses lectures, de Nietzsche notamment, la tentation de la littérature.

 

L’écriture lui tient lieu, désormais, de philosophie.

 

Si Moreau a toujours, depuis qu’il publie, éveillé des passions contraires, s’il a entretenu, avec quelques confrères ou consœurs écrivains, des correspondances nourries, il a souvent suscité l’intérêt de musiciens, philosophes et plasticiens, comme si son œuvre transcendait la langue pour interroger la création dans ce qu’elle a de plus originel, et universel. L’idée d’un hommage porté conjointement par plusieurs secteurs de l’Institution provinciale et trouvant à s’exprimer par différents media s’est donc presque naturellement imposée aux promoteurs de ce projet.

 

Marcel Moreau est l’auteur d’une soixantaine d’ouvrages, parmi lesquels :

 

Quintes, Buchet-Chastel, 1962, Bannière de bave, Gallimard, 1966, La Terre infestée d'hommes, Buchet-Chastel, 1966, Le chant des paroxysmes, Buchet-Chastel, 1967, Julie ou la dissolution, C. Bourgois, 1971, La Pensée mongole, Christian Bourgois, 1972; L'Éther Vague, 1991, L'Ivre livre, Christian Bourgois, 1973, Les Arts viscéraux, Christian Bourgois, 1975; L'Éther Vague, 1994, Sacre de la femme, Christian Bourgois, 1977; L'Éther Vague, (édition revue), 1991, Discours contre les entraves, C. Bourgois, 1979, Cahier caniculaires, Lettres Vives, 1982, Saulitude, photos de Christian Calméjane, Accent, 1982, Amours à en mourir, Lettres Vives, 1988, Le charme et l'épouvante, La Différence, 1992, Noces de mort, Lettres Vives, 1993, Tombeau pour les enténébrés, avec Jean-David Moreau, L'Éther Vague, 1993, Bal dans la tête, La Différence, 1995, La compagnie des femmes, Lettres Vives, 1996, La jeune fille et son fou, Lettres vives, 1998, Extase pour une infante roumaine, Lettres Vives, 1998, La vie de Jéju, Actes Sud, 1998, Féminaire, Lettres Vives, 2000, Corpus Scripti, Denöel, 2002, Une philosophie à coups de rein, Denoël, 2008, Des hallalis dans les alléluias, Denoël, 2009, La violencelliste, suivi de Donc, Denoël, 2011, Un cratère à cordes, Editions du Poème 2, 2014 (à paraître aux Lettres Vives).

 

PROGRAMME

Le jeudi 11 décembre, à 18h30

 

 

- Présentation du livre d’artiste de Charley Case, Marcel Moreau, Le Corps verbal, Bruno Robbe Editions

 

- Film défilant et portrait radiophonique dans l’univers de Marcel Moreau, par Charley Case et Manuela de Tervarent

 

- Deleatur, installation vidéo par Virgile Loyer. Parcours sensoriel du plasticien Pierre Alechinsky à travers les manuscrits de Marcel Moreau

 

- Les Roches torses, bustes du céramiste français Alain Gaudebert, avec des textes originaux de Marcel Moreau

 

- Rencontre. Conversation de Marcel Moreau avec Antoine Jobard, jeune écrivain français, initiateur, animateur et rédacteur du site « Les Souterrains.com », mise en scène de mots, de figures et de bruits.

 

 

 

Antoine Jobart et Marcel Moreau photographiés par Laurent Nalin

 


Charley Case

Né à Bruxelles en 1969, Charley Case étudie la communication graphique à l’ENSAV, La Cambre, d’où il est diplômé en 1994. En 1996, il est désigné comme lauréat de la Fondation belge "Spes" pour la création artistique. Les expositions s’enchaînent, individuelles ou collectives, en Belgique ou en Europe. Pèle mêle, on peut citer : 1998 Scars, tout ce qu’on peut faire avec une foule (solo, Dorothée De Pauw Gallery, Bruxelles) ; 2000 Un siècle d’arpenteurs – les figures de la marche (groupe), Musée Picasso (Antibes) ; 2004 Exposition Permanence Impermanence (solo, La Verrière, Hermès, Bruxelles) ; 2007 Loves in the air (exprmntl Galerie, Toulouse), 2008 Trans-Rituels 2, Afiac, Fiac.

 

Bruno Robbe

L’atelier de lithographie Robbe est fondé en 1950, à Frameries, par Arthur Robbe, très vite considéré comme un grand imprimeur doublé d’un chercheur, et qui accueille dans son atelier des artistes venus de toute l’Europe.

 

Il transmet le fruit de ses innombrables recherches à son petit-fils, Bruno Robbe, l’initiant aux arcanes de la lithographie. En 1995, Bruno reprend la succession. Il agrandit les espaces de travail et s’équipe de nouvelles machines, complémentaires des presses plus anciennes. En 1999, il crée les Éditions Bruno Robbe et accueille dans son atelier de nombreux artistes belges et étrangers, tels Lismonde, Charley Case, Patrick Corillon, Jean-François Octave, Jan Peter Thorbecke, David Nash, David Tremlet, Jacques Charlier, Peter Downsbrough, Dominique Gauthier, Bob Verschueren, Benoît Jacques, pour n’en citer que quelques-uns.

 

[Mes] brouillons « littéraires » excitent la curiosité des peintres. Dubuffet en exposa plusieurs dans son musée de l’art brut, à Lausanne. En ce moment, Alechinsky les augmente de sa « griffe ». Mes grimoires sont essentiellement des matrices. Ils sont au départ de l’engendrement d’un livre dont je ne sais rien sinon qu’il a pour père un rythme et pour mère une déferlante. Ils contiennent déjà du sens, de la musique, de la syntaxe, mais à l’état de bribes, de fulgurances. On dirait un creuset où des demi-mots, des moignons de phrases, une ponctuation sans queue ni tête s’évertueraient à une intégrité qui n’est pas, pas encore, à leur portée. Ce n’est qu’à force de cadences qu’ils y parviennent, ou de secousses en quelque sorte tellurique (j’en chercherai en vain l’épicentre, il n’est pas localisable). Si je tarde à les dactylographier (à les échographier), ils en deviennent illisibles à moi-même.

Marcel Moreau

 

Pierre Alechinsky et Marcel Moreau ont publié de concert :

Marcel Moreau, Pierre Alechinsky, Deux lettres avec vues sur chaos, Pierre d'Angle, 2007.

Marcel Moreau, Pierre Alechinsky, Insolations de nuit, La Pierre d'Alun – 2007


Alain Gaudebert

Il y a quelque trente ans, poussé par le désir de créer une œuvre personnelle, Alain Gaudebert abandonne ses responsabilités industrielles et se consacre à la céramique. Il choisit de s’installer à Saint-Aubin dans une longère traditionnelle où gisent, nombreuses encore, d’anciennes poteries poyaudines. Il y construit son four pour cuire au bois, des dizaines d’heures durant, de la terre émaillée à 1300 degrés. Façonner la glaise, l’enduire de matières mystérieuses que seul le feu saura révéler, goûter des moments de joie sensuels ou mystiques, vivre aussi – plus souvent – la désespérance de l’inachevé : une œuvre se construit, reconnue désormais, dépassant le cadre étroit où se confinent parfois les céramistes pour y associer la peinture, la sculpture et la calligraphie.

 

Moreau vu par Jobard (extrait) :

Sa table de travail, là où il écrit et mange, est au centre d’une pièce bondée d’objets venus de partout et de nulle part, hétéroclites, parfumés par ces cigarillos qu’il fume sans arrêt. Sa table de travail donc, en bois véritable, est peinte par les nombreuses taches de vin, de cendres, d’encre, de sang des viandes rouges qu’il y dévore à côté des feuilles sur lesquelles quelques phrases se dessinent et dansent dans leur courbes noires, toujours liquides, instables. Une tête de Taureau sur le mur fait écho à son écriture, sauvage et fière. Un violoncelle se tient contre lui, avec ses hanches féminines et ses allures de matador, l’archet caressant comme une épée le cou de la bête figée. Et puis au centre de ce court tableau se trouve l’auteur. Solide comme un vieil arbre qui en a vu et qui en verra encore. Enraciné dans les mots. Il a ce léger jaune de nicotine dans la barbe, taillée avec soin et contrastant avec le désordre de ses cheveux blanchis et longs et raides qu’il écarte d’une main suave lorsqu’ils lui gênent le regard. Les traits sont vieillis mais violents, les yeux vifs et vivants, le ventre rebondi à force d’avoir été chargé de mots bondissants. Il ouvre une autre bouteille de vin rouge dans l’après-midi. Il sourit souvent.

 

 


Les vendredi 12 et samedi 13 décembre, à 20h00

 

à la Fabrique de Théâtre (Frameries)

 

« Chorécritures » (création) de Virgile Loyer (mise en scène), avec Denis Lavant (voix), Veronica Vallecillo (chorégraphie) sur des textes et des manuscrits de Marcel Moreau.

 

De mes brouillons Virgile Loyer fait un film, à un personnage, LE RYTHME. Ce film constitue une grotte, forcément ai-je envie d’ajouter. Une danseuse y évolue, y tourbillonne en s’inspirant de mes « chorécritures ». En situation pariétale, j’ai l’impression que mes mots n’en seront que plus désireux de mettre leurs pas dans ceux de quelque bacchante géologique comme en produit la transfiguration de la pierre en rampe de lancement pour caryatides ayant retrouvé l’usage de leurs jambes et de leurs hanches. La grotte, stalactites et stalagmites comprises, est aussi une langue que mes brouillons comprennent bien, puisque c’est également la leur, à certaines sonorités ou intonations près. Cette langue n’est-elle pas née d’une rencontre érotique entre les entrailles de la terre et je ne sais quel parler rupestre, vieux comme le monde souterrain, bandé à l’impératif du verbe être et sans cesse de retour dans ma gorge, à l’occasion de mes brouillons ?

Marcel Moreau

 

Virgile Loyer et Marcel Moreau

Réalisations

Escritaure, 2007, France, 56 minutes. Production-diffusion : « No man’s land ».

Donc, 2008, France, 56 minutes. Production-diffusion : « No man’s land ».

Avec Denis Lavant

Distinctions : 2011 : Images en bibliothèques - Paris - Film soutenu par la Commission nationale de sélection des médiathèques // 2009 : États généraux du film documentaire - Lussas - Sélection « Incertains regards »

 

Pointes et Feutres, 2011, France, 45 minutes. Production-diffusion : « No man’s land ».

Avec Marcel Moreau et Pierre Alechinsky,

 

Fruition, spectacle, création au Poème2. Bruxelles, 2013

Sur des textes de Marcel Moreau. Avec Céline Gayon, Mélodie Joinville, Victor Virnot, et Christine Bastin. Adaptation : Christine Bastin. Musique : Christophe Séchet. Image : Virgile Loyer. Lumière : Emmanuelle Stauble. Régie générale : Stéphane Fraudet. Costumes : Jeanne Guellaf. Mise en scène : Christine Bastin. 

 

Veronica Vallecillo

Danseuse et chorégraphe.

Issue d’une famille originaire de Granada et Mililla. Se forme à la danse classique, puis au flamenco en Espagne. S’initie à la danse contemporaine. En 1996, fonde, à Toulouse, la peña flamenca La Buleria, qui propose cours, stages et spectacles. Dès lors, Veronica théâtralise le flamenco en l’entraînant vers d’autres territoires. En 2001, crée, à Paris, sa propre compagnie et ses pièces chorégraphiques (Ana, Wa !, Lobotomix mode d’emploi, Porque me zampé a mi marido, Hippopoflamencus. Elle intègre la Cie Montalvo-Hervieu de 2004 à 2009. En 2006, elle rencontre Uriel Barthélémi, compositeur, et Elise Boual, Vidéaste et graphiste, qui collaborent à ses dernières créations : Alba’astroz I du goudron sur nos ailes de géant, Alba’atroz II le temps de la chute, Redressage, redresser, redresse-toi ! et Hablame !

 

Le dimanche 14 décembre, à 17h00

 

à la Fabrique de Théâtre (Frameries)

 

Projection de Le Corps verbal, court métrage réalisé par Charley Case et Manuela de Tervarent (15 minutes).

 

Récital de piano à quatre mains, en hommage à Marcel Moreau

Yves Robbe et Macha Makarevich :

 

Pavane pour une Infante défunte, M. Ravel

Ouverture, Léonore II, L. van Beethoven

El puerto (extrait de la suite Iberia, 1er cahier), I. Albeniz

Basso Ostinato, R. Schedrin

Baba Yaga, M. Moussorgsky

La grande porte de Kiev (extraits des Tableaux d’une exposition)

Action rituelle des ancêtres, I. Stravinski

Danse sacrale (extraits du Sacre du printemps)

 

Yves Robbe

Yves Robbe accomplit ses études au Conservatoire Royal de Bruxelles sous la conduite d’Eduardo del Pueyo.Il se tourne rapidement vers le répertoire à deux pianos et à quatre mains. Il donne de nombreux concerts en Belgique, Pologne, France, Congo, Espagne, Italie, Tunisie, Allemagne. En septembre 1997, il est invité pour une tournée de quatre récitals en Pologne, avec la pianiste Marie-Chantal Caufriez, pour y interpréter le « Sacre du Printemps » de Stravinsky.


Il se produit régulièrement en duo avec la pianiste espagnole Pilar Valero et la pianiste russe Macha Makarevich. Yves Robbe et Pilar Valero sont les dédicataires de plusieurs œuvres contemporaines composées tout spécialement pour leur duo par Gaston Compère, Danielle Baas, Domènec González de la Rubia.


En juin 2005, dans le cadre du 175ème  anniversaire de la Belgique, il accompagne José van Dam au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles dans la version pour deux pianos de Pelléas et Mélisande de Claude Debussy. En février 2006 Yves Robbe et Pilar Valero sont invités au « Conservatorio Santa Cecilia » de Rome.  En 2008, Yves est invité à la Fundacion Casa Museo Andrès Segovia (Linares, Espagne) ainsi qu'au Festival International de S' Agaro (Catalogne- Espagne).

 

Yves Robbe est professeur honoraire de l'Académie de musique de Frameries ainsi que de l'Académie de musique et du Conservatoire Royal de Mons où il a enseigné le piano. Il fut amené à collaborer avec de nombreux écrivains dont Marcel Moreau, Jean-Philippe Toussaint, Gaston Compère et Jacques Sojcher.

 

Macha Makarevich

Originaire de Biélorussie, elle réalise le cycle complet de piano mais aussi de danse traditionnelle à l’Ecole d’Etat de Musique Rimski-Korsakov de Moguilev. Elle se consacre durant plusieurs années à l’enseignement du piano mais se distingue très tôt lors de récitals en soliste, de concerts de musique de chambre ainsi que  dans l’accompagnement  du chant. Le haut niveau de la troupe de danse à laquelle elle appartenait lui permet de sillonner l’Europe. Plus tard, elle fréquente les cours de Rosella Clini et de Thomas Paule au Conservatoire Royal de Mons où elle décroche un Master en « Piano Spécialisé ». Elle se perfectionne ensuite en s’initiant à l’Ecole du Maître Eduardo del Pueyo par le biais du pianiste Yves Robbe.

 

En juillet 2007, Macha Makarevich est invitée au Conservatoire Royal de Musique de Mons dans le cadre du Festival « côté Cour, côté Jardin ». En février 2008, elle se produit au Théâtre de Molina (Murcia – Espagne) avec un succès retentissant et en août au Festival International de S’Agaro (Catalogne – Espagne). En Mars 2010, elle est invitée au Festival International de Piano de Quaregnon (Belgique) où elle partage l’affiche avec Vanessa Wagner et Brigitte Engerer. En août c’est le Festival de Briançon qui l’accueille. En Novembre 2013, elle joue pour la première fois en Allemagne (Berlin). Elle enseigne actuellement le piano à l'Académie de Musique de Mons. Elle se produit régulièrement en soliste ainsi qu’en duo avec le pianiste Yves Robbe.  

 

 

 

A l’initiative du Secteur Littérature de l’Institution Hainaut Culture Tourisme

avec le précieux concours du Secteur Arts de la Scène et de la Fabrique de Théâtre de La Bouverie

et l’aide du Secteur des Arts plastiques de la Province de Hainaut