Editions Chloé des Lys

...

22 janvier 2008

Manifestation politico-linguistique

Vous aimeriez perdre votre

dignité,

votre honneur, votre fierté?

Les mots non plus !

Le dimanche 20 janvier à 15h, place Julien Dillens à Saint-Gilles (métro Hôtel des monnaies),
participez à une manifestation politico-linguistique grave !

La passivité des mots est

trompeuse : ils sont capables

des pires manifestations !

Déjà le titre de la manifestation craint à fond :
“Non! islamisme n’est pas le seul mot qui a mal tourné : y en a plein d’autres!”

Les mots refusent qu’on

leur fasse dire n’importe quoi !

Le sous-titre précise la cible :
Pour secourir les mots dont le sens s’est fourvoyé...et contre l’amalgame islam-violence !

Craignez la feinte résignation

des mots : les plus malmenés s

ont toujours les plus rebelles !

Un exemple entre 1000 : glauque signifiait au départ “d’un vert qui rappelle la mer” et non “lugubre, sordide, sinistre”.

Le mot mute, le temps passe

et personne ne moufte !

La presse éclairée a flairé l’incident majeur : http://www.manifestement.be/2008/presse.htm , et Laurent d’Ursel, le concierge du Collectif MANIFESTEMENT, va se lâcher le jeudi 17 janvier en direct à 17 h sur les ondes de Radio El Wafa (106.8 FM).

Les mots ne sont pas prêts

à toutes les bassesses,

toutes les débauches,

toutes les déviances !

Peut-on venir à la manifestation les mains vides ? Evidemment ! Par votre seule présence, vous soutenez l’ensemble des mots qui ont mal tourné...et entrez par la grande porte dans l’art contemporain à ciel ouvert, à gorge déployée et à l’abri des forces de l’ordre !

Qui doit redresser

le sens des mots?

La langue appartient à celui

qui se l'approprie.

Peut-on soutenir un mot en particulier ? C’est encore mieux ! Prenez un mot (dans la langue de votre choix) dont le sens courant est neutre, banal ou péjoratif et vérifiez dans un dictionnaire si le mot n’a pas (eu) un premier sens beau, surprenant, positif. Quand vous avez trouvé le mot que vous voulez «parrainer», réalisez un panneau intitulé : «Le mot X se révolte», où vous expliquez en quoi ce mot a mal tourné à vos yeux (exemples ci-dessous).

Dans le maquis des usages relâchés, quelques mots font de la résistance...

Pour tout autre information, détail, concept, itinéraire, charte, historique, voir http://www.manifestement.be .

À l’infamie, au dévoiement,

à l'insignifiance, les mots préfèrent

la désuétude !

De très rares institutions ont eu le courage intellectuel d’apporter leur soutien officiel à cette performance, bien que son titre mentionne le mot islamisme, rendant le tableau final joliment hétéroclite :

Laisser un mot déchoir,

c'est le pousser à l'adultère,

au suicide... ou au crime !

La ministre de la Culture et de l’Audiovisuel, Fadila Laanan, manifestera par sa présence physique son soutien mental à cet exercice lexical.

Pourquoi les mots qui

ont mal tourné tournent-ils

le bien en dérision ?

Pour se venger, évidemment !

La manifestation est le troisième forfait du fameux Collectif MANIFESTEMENT :

Les mots adorent être manipulés,

détournés, violentés…

mais à bon escient,

poétiquement, pour la bonne cause !

Le Collectif MANIFESTEMENT n’a pas peur de s’afficher :

Les mots relèvent la tête !

Georges Brassens a sublimement volé au secours d’un mot d’exception : http://www.manifestement.be/2008/chanson-brassens.htm .

Un mot qui a mal tourné

a sa part de vérité.

Comme nous avons une part

de responsabilité dans

son naufrage.


Mal tourner,

c'est tourner dans le sens

contraire aux aiguilles

de la révolution de la mayonnaise.

Avant la dislocation de la manifestation (ou le dénouement de la performance) sera entonné avec une émotion poétique, palpable, joyeuse et garantie l’hymne des mots dévoyés : http://www.manifestement.be/2008/hymne.htm .

Le 20 janvier,

chaque mot mal tourné aura

manifesté dans le sillage

de sa propre acception du bien.

Une fable pour conclure :

Le sens et le mot naquirent d'un coup de foudre réciproque suivi d'un dépucelage mutuel, instantané et fabuleux. Attendrie mais prévoyante, la bienséance scella aussitôt leur folle union dans un mariage qui résista mal à leur soif légitime de liberté. Et les voilà qui batifolent chacun de leur côté, dévient insensiblement l'un de l'autre, s'oublient dans de nouvelles effusions. Moralité : l'infidélité ne serait pas le nerf de la vitalité de la langue si le sens et le mot avaient pu pratiquer l'amour libre. Mais dans quel joyeux bordel insensé nous nous débattrions ! Pas si sûr : la joie s'appuie toujours contre la bienséance.

Pour sortir du carnet d’adresses du collectif MANIFESTEMENT, il suffit de renvoyer ce mail avec la mention “Assez!”. Pour y trouver refuge, la mention “Encore!” fait l’affaire.

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